La nuit fauve de François Bayle (1986)
février 27, 2008C’est une pièce globalement uniforme dans sa structure et les matériaux utilisés. Cela fait quelque chose en spirale. On a une trame avec des voix qui gravitent autour et se surajoutent, des accumulations.
Au niveau des moyens techniques, il y a essentiellement du mixage avec des jeux sur les vitesses (accéléré - ralenti), sur les intensités (les profils dynamiques), les hauteurs (transpositions).
Au niveau de la forme, on a des sons de type itératif à différentes vitesses, dont les entrées progressives forment une trame mouvante.
Cette oeuvre se caractérise par une dominance de sons itératifs qui pulsent la pièce et créent une tension. On entend également des motifs qui reviennent.
On peut la diviser en quatre parties :
- Au début, il y a différentes entrées : une première trame de masse complexe se fait entendre. Elle occupe une bande assez réduite dans le champ de la tessiture (dans le medium). Il y a un grain d’itération. Les voix entrent les unes après les autres : on entend nettement les apparitions de chaque trame.
On peut dire qu’on a la même trame du début à la fin, faite de plusieurs tranches. C’est une chose composée de plusieurs éléments. On peut dire aussi qu’on entend des voix séparées.
Des sons graves arrivent, d’autres hauteurs s’ajoutent. On entend des transpositions. Vers la 36ème seconde, on perçoit un son grave de masse variable (cela forme une quarte). Cela fait une cellule rythmique qui apparaît et disparaît. Il y a un petit grain de frottement moins important que la première trame, qui crée une petite oscillation.
Cela s’empile. Tous les sons ont un grain.
Il y a une parenté de sons, même s’ils ne sont pas dans la même hauteur.
Quand tous les sons sont rentrés, on entend un jeu sur les intensités. Les voix émergent sur un magma. Cela donne du mouvement. Le rythme de la trame ralentit, accélère, ce qui lui donne une vie organique.
- Vers 1′31 : on perçoit un ralentissement. Les aigus sont aussi plus présents. On entend des choses itératives grossies. On a un très gros grain. C’est toujours de la masse complexe avec des sons de masse tonique. A partir de 2′10 environ, on est passé du grain au rythme : les grains grossissent tellement qu’on arrive à quelque chose de rythmique. On a du contrepoint. Les voix se superposent horizontalement. Chaque voix fait son chemin. La trame grave disparaît. On est de plus en plus dans l’aigu.
- Vers 3′10 : accélération des aigus et de l’ensemble de la pièce. Après l’accélération, on a un glissando. L’accélération crée une tension qui appelle une résolution.
- Vers 3′30, ça s’apaise progressivement et ça disparaît. Il ne reste plus qu’une tranche de tessiture (profil de masse).