Le canon
Pour un canon, il faut au moins deux voix.
Définition :
Le canon est un procédé d’écriture qui repose sur le principe d’imitation. L’imitation peut être plus ou moins rigoureuse. Les lignes mélodiques sont écrites en contrepoint :
- Antécédent (ou dux) : il présente le canon.
- Conséquent (ou comes) : il imite.
Distance d’entrée : entrée large ou serrée (une ou deux notes après).
Intervalle d’entrée : au même intervalle (sur la même note) ou sur un autre intervalle : transposition. (ex : Bach : variations Goldberg).
Il existe le canon circulaire : il ne s’arrête plus (ex: Frère Jacques).
Types de canons :
- canon à transformation mélodique : il peut être : par augmentation ou diminution ; par mouvement contraire (en miroir ; il peut y avoir un départ à l’octave ou à la quinte par exemple ; en respectant les intervalles) ; par mouvement rétrograde (canon à l’écrevisse : il commence par la dernière note de l’antécédent) ; par mouvement contraire rétrograde.
-canon à transformation harmonique (ou canon per tonos) : c’est un canon de type perpétuel dans lequel l’antécédent conclut un ton au dessus du ton initial. Cela crée un effet de spirale (trajectoire inexorable). Ex : Bach : “offrande musicale”.
- canon à transformation rythmique : le conséquent augmente ou diminue la valeur de durée dans un rapport fixe bien déterminé. Ex : multiplié ou divisé par deux.
-canon polymorphe : il y a combinaison par superposition de plusieurs canons différents.
-canon à énigme : on ne sait pas comment ça marche. La distance et l’intervalle d’entrée sont volontairement cachés.
Histoire :
Au 14ème siècle, les italiens ont contribué à la fixation de cette structure. Aux 15ème et 16ème siècle, la polyphonie vocale de l’école franco-flamande porte le canon à son apogée (ex : Jehan Ockeghem : nonuple canon à 36 voix). 17ème siècle : Canon de Pachelbel.
Les 18ème et 19ème siècles ne font que rarement appel à cette structure, même si le procédé du canon est de temps en temps utilisé par les compositeurs.
Le 20ème siècle va renouer dès les années 20 avec ces techniques en leur donnant d’autres dimensions aux plans tant rythmique que mélodique (ex : Schönberg, Webern, Berg, Stravinski, Messiaen).
Ecoute de canons :
Boulez : “Anthèmes 2″ : “Cette section, écrite sous la forme d’un canon, est fondée sur l’idée du changement précis de la structure musicale dans le temps. La partie électronique étend ce principe par l’utilisation de modules de transposition combinés à des délais temporels, qui multiplient ensemble le nombre de lignes musicales. Chacune de ces lignes est transposée et décalée dans le temps (comme dans un canon), de manière à clarifier ou à brouiller la musique originale”.
(Source : CD)
Webern : début de la symphonie opus 21 : on entend un double canon strict comme on en trouve dans la musique la plus rigide de l’ère baroque, mais les intervalles y sont tellement croisés que l’on perd la notion même de canon.