Formation instrumentale : fort développement de la percussion. Des instruments nouveaux apparaissent : Theremin, ondes Martenot… Arrivée du piano préparé, de la bande magnétique, des synthétiseurs, des ordinateurs…
On a des nomenclatures et des effectifs très divers. Les courants, genres et influences sont marqués par un pluralisme esthétique. Une conception nouvelle de la tonalité apparaît. Les compositeurs s’ouvrent aux influences de l’impressionnisme, de l’expressionnisme, du jazz, du folklore…
Arrivée de la musique sérielle, du néo-classicisme ( ex : Stravinsky ; avec « Pulcinella », inspiré par Pergolèse), de la musique post-sérielle, de la musique concrète, électronique, électro-acoustique, spatiale, aléatoire, expérimentale, répétitive, spectrale…
Formes : on retrouve les mêmes formes qu’à l’époque classique et romantique, auxquelles s’ajoutent des formes libres, ouvertes.
Langage :
Elargissement du langage tonal : on a des échelles et des modes nouveaux, empruntés à différentes sources (ex : musiques anciennes). On utilise des accords de couleurs, des agrégats sonores, une liberté dans les enchaînements harmoniques. On emploie également l’ostinato (mélodie qui revient toujours), des accords par superposition, la polytonalité (ex : Darius Milhaud dans « la création du monde »), la polyrythmie, les mesures irrégulières, les changements de mesures, les rythmes assymétriques…On emploie également des notes étrangères qui s’ajoutent aux accords réels.
Au niveau sériel : développement par variation, des tonalités flottantes. Utilisation de choses atonales, de l’athématisme, du contrepoint. Les séries sont utilisées dans tous les paramètres. On emploie également les oppositions de registre, des modes d’attaques et de dynamiques très particuliers, le Durch componiert (structure formelle où les parties ne sont pas répétées, musique dans laquelle chaque strophe est différente), des pièces très courtes, des mélodies de timbre ou klangfarben (ex : Webern), le sprächgesang. Le rythme mesuré disparaît.
Dans la musique d’avant-garde : apparition de nouveaux instruments, recherche de nouveaux timbres, de nouveaux modes d’attaques. Développement de la synthèse sonore. Arrivée des clusters, des micro-intervalles. Recours au langage parlé et aux gestes dans l’œuvre musicale, improvisations, hasard contrôlé, notation graphique. Recours aux mathématiques, aux statistiques.
A partir des années 50, on assiste à une accélération (comme en littérature avec le Nouveau Roman) : apparition de moyens techniques nouveaux.
Musiques aléatoires : il y a parfois des formes ouvertes : ex : Boucourechliev (Archipel) : tout est écrit mais l’interprète choisit le chemin.
Musique expérimentale : elle s’apparente au théâtre musical expérimental : ex : Georges Aperghis : Sextuor (1992), opéra pour 5 voix de femme et violoncelle.
C’est dans l’opéra qu’il réalise la synthèse de son travail : ici le texte est l’élément fédérateur et déterminant, la voix, le principe vecteur de l’expression. Il a composé sept ouvrages lyriques. Son œuvre est ainsi résumée par Georges Aperghis lui-même : « faire musique de tout ».
http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Aperghis
http://www.aperghis.com/
Musique répétitive ( ex : Reich, Glass, Riley) et courant minimaliste (ex : Morton Feldman).
Musique spectrale : chaque son se décompose : le compositeur décide par exemple de faire jouer toutes les harmoniques d’une note par l’orchestre. Cela donne des sons complexes, car chacun génère d’autres harmoniques.
Ex de compositeur du courant spectral : Gerard Grisey, Tristan Murail.
Ligeti a fait quelques intrusions dans le spectral.
Giacinto Scelsi a suivi une autre démarche : il était dans le son physiquement (il a soigné ses troubles mentaux en écoutant la même note en continu).
[Wikipedia :
L'école spectrale Le terme fut inventé par le compositeur Hugues Dufourt dans un article de 1979. Il sert généralement à désigner des techniques de composition développées principalement par les compositeurs Tristan Murail et Gérard Grisey, même si ce dernier s'identifiait peu dans ce terme et aurait préféré le terme de « musique liminale », qui résumait mieux sa pensée du temps musical.
La musique spectrale, dans un sens restrictif, est principalement basée sur la découverte de la nature du timbre musical et la décomposition spectrale du son musical, à l'origine de la perception de ce timbre. Certaines œuvres comme Atmosphères de György Ligeti, Stimmung de Karlheinz Stockhausen, Metastasis de Iannis Xenakis, Mutations de Jean-Claude Risset et Stria de John Chowning ont directement influencé ce mouvement, par leur ambivalence harmonie-timbre.
La musique « spectrale » tente de synthétiser à l'orchestre ou avec un ensemble instrumental des évolutions temporelles de sons plus ou moins bruités. Elle utilise pour cela des techniques microtonales d'orchestration favorisant une perception fusionnée, qui est celle du timbre, et des processus continus de transformation du matériau dans le temps. Tristan Murail, Gérard Grisey, Hugues Dufourt et Michaël Levinas développeront cette recherche, en y incorporant des techniques dérivées de l'analyse-synthèse par ordinateur, qui a permis de rentrer dans les détails de la représentation du timbre. Ils appliqueront ainsi à l'écriture pour instruments traditionnels des techniques précédemment découvertes en électroacoustiques comme la modulation de fréquence, la boucle de réinjection, la compression de spectres, ou la dilatation d'un son dans le temps.
Esthétiquement, cette école s'opposait à la musique sérielle et plus généralement à une musique combinatoire, préférant penser le son complexe comme un continuum, parallèle microscopique du continu formel macroscopique qu'est une œuvre de musique.
Horatiu Radulescu a mis au point une autre écriture spectrale basée sur la "scordatura spectrale" comportant des intervalles inégaux, peu nombreux dans le grave et de plus en plus nombreux en montant vers l'aigu.
Il s'agit d'une école esthétique dans le sens où elle a influencé de nombreux compositeurs plus jeunes : Philippe Hurel, Philippe Leroux, Marc-André Dalbavie, Jean-Luc Hervé, Thierry Alla, Fabien Lévy ou Thierry Blondeau en France ; Kaija Saariaho ou Magnus Lindberg en Finlande ; George Benjamin ou Julian Anderson au Royaume-Uni, pour n'en citer que quelques uns.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_contemporaine#L.27.C3.A9cole_spectrale]